Contrairement à la peur et à la tristesse, elle — au moins — elle va au contact…
La colère est humaine, normale, et naît des nuisances que nous subissons. Parmi les émotions critiques, la peur évite, la tristesse se replie ; la colère, elle, va au contact, maladroitement. Il suffit de calmer un peu le jeu pour passer à l’action.
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Ouais, on se met en colère, quoi ! C’est normal, quoi : « Ça me casse les \*\* ! »
Pourquoi est-on en colère ? Il existe 10 milliards d’humains, et les 10 milliards d’humains se mettent en colère. Et les 100 milliards qui sont sous terre se sont aussi mis en colère. La colère est humaine, elle est normale, elle est chez tout le monde.
En fait, ce qui est intéressant, c’est de voir que c’est une des émotions de base, une des émotions pures, qui a beaucoup d’intérêt… et bien sûr aussi des nuisances.
Ah, des « nuisances » : c’est justement le terme important de ce qui génère la colère ! La colère n’existe que parce qu’il y a des nuisances en face de nous. S’il n’y avait pas quelque chose de polluant, de nuisible, de chiatique, d’irrespectueux, eh bien on ne se mettrait pas en colère.
On peut bien sûr maîtriser notre colère… En fait, la colère a plein de niveaux. Il y a ce que j’appelle un petit niveau vert, puis un niveau orange, puis rouge, puis noir… et là, on est dans un autre chapitre.
Mais si on regarde bien, au départ tout va bien, et puis la colère commence par des petites choses :
Et ce que vous avez vu en entrée, « quand je crie comme ça », indique que l’on est déjà énervé à un bon niveau. La mise à l’extérieur par le cri nous soulage, et on produit aussi des mouvements brusques ! Ce sont deux comportements absolument normaux de « l’encolèrement » : le cri et les mouvements brusques.
Voilà, on s’emporte un petit peu !
Évidemment, des fois, on s’emporte un peu trop, et c’est pour ça qu’on n’aime pas la colère.
Puis il y a la violence, avec l’agressivité, c’est encore autre chose.
Ensuite, effectivement, il y a tous les niveaux de barbarie, eux aussi liés à la colère, jusqu’à la haine et la furie, bien évidemment (sujets sur lesquels je me prononce par ailleurs).
Ce qui nous intéresse là, tout de suite, c’est pourquoi la colère est « intéressante » ! Parce que, par rapport aux autres émotions, si on regarde bien :
Aucune des trois ne va à la rencontre de l’autre. Ah si, quand même un peu la dernière, mais maladroitement. Celle qui va vraiment à la rencontre de l’autre, c’est la joie, parce qu’on est paisible, naturellement harmonieux, et on rencontre l’autre avec « openitude ».
Par contre, si je prends les trois émotions de base qui sont critiques, la peur, la tristesse et la colère, eh bien : la peur, pas de contact ; la tristesse, pas de contact ; la colère, un contact maladroit… En cela, elle a quelque chose d’intéressant !
Maintenant, il suffit juste de calmer un tout petit peu le jeu, et de prendre la légère réserve nécessaire, pour ensuite passer à l’action.
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